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La passion - et rien d'autre
! - résume la vie entière de
ce bel et talentueux acteur. Serge Postigo aime à un tel point vivre
au rythme de ses passions que, si sa carrière devait prendre fin
demain matin, aucun problème: c'est vers un autre métier tout aussi
passionnant qu'il se tournerait.
Le lauréat de la personnalité masculine du gala Métrostar 1999 serait
tout simplement incapable de pratiquer un métier qui ne le fait
pas vibrer. Il n'a d'ailleurs pas encore compris l'attitude d'étudiants
à qui il a enseigné le théâtre pendant trois ans. Ces étudiants
en administration et en économie n'avaient à leur dire aucune passion
des chiffres. Pour Serge, un tel choix aurait carrément été impossible.
Amour = toujours
De toutes ses passions, l'amour est assurément au premier plan.
Cette passion passe même avant celle de son métier. Sans amour,
il ne pourrait tout simplement pas évoluer. Serge a besoin d'aimer
et de se sentir aimer. Ce trait de caractère ne date pas d'hier
puisque chaque fois qu'il s'est engagé dans une relation amoureuse,
il l'a fait en croyant que c'était pour la vie. Il n'avait que quatorze
ans lorsqu'il a rencontré Natasha, sa première blonde. Déjà à cette
époque, il était convaincu que ce serait "pour toujours".
Lorsqu'il aime, Serge Postigo s'investit totalement: "Lorsque je
suis amoureux, je le suis par-dessus la tête. Alors quand je tombe,
je tombe de très haut. Je suis ainsi dans tout ce que je peux entreprendre!
Lorsque je décide de m'impliquer, je ne le fais jamais à moitié
".
Avec Marina Orsini, l'élue de son cœur, il aimerait bien réaliser
le rêve d'avoir une famille. Même s'il a besoin de s'accomplir dans
son métier, l'élément le plus important de sa vie demeure Marina
et les enfants qu'il aura. (Chanceuse, va!)
D'Agen à Montréal
C'est à Agen, en France, de parents français nés au Maroc, qu'il
a vu le jour. Grâce à son père, inventeur de profession, Serge a
eu la chance d'habiter plusieurs pays, dont la Belgique, la Hollande,
l'Espagne et le Maroc. Ce n'est que vers l'âge de neuf ans, alors
que ses parents divorcent, qu'il vient s'établir pour de bon au
Québec. Sa vie de nomade recommence dès lors: Laval, Montréal, Pointe-Calumet,
Hull, Chicoutimi... Heureusement pour nous, c'est ici qu'il trouve
le meilleur des deux mondes: "notre mentalité est à cheval entre
celle de la France et celle des États-Unis. C'est un heureux privilège!".
Enfant, la coqueluche des Québécoises était ce genre de petit garçon
dont toutes les mères rêvent. Avec son éducation typique d'une famille
bourgeoise européenne, Serge sait déjà, à quatre ans, à quoi servent
les quatre fourchettes et les quatre cuillères, et dans quel ordre
il faut les disposer sur une table! (C'est quelque chose...)
Cible des mauvaises plaisanteries, Serge a tôt fait de perdre son
accent français peu de temps après son arrivée au Québec. "J'avais
un accent du sud de la France, je n'étais donc pas comme les autres
enfants. J'ai rapidement appris que l'intégration est difficile
à vivre et qu'elle n'est pas évidente pour les autres à accepter!"
Difficile intégration
L'intégration de l'acteur dans la société québécoise s'avère une
période difficile. À un point tel que, lorsqu'il arrive dans une
nouvelle ville, Serge en vient à prendre l'habitude de ne jamais
défaire ses valises. Plus triste encore, il n'essaie même plus de
se trouver des amis. Adolescent, il réussit tout de même à se faire
une blonde et quelques copains. Du moins jusqu'au jour où il doit
à nouveau plier bagages.
Malgré tous ces nombreux déplacements, on s'étonne presque que Serge
n'ait pas traversé de crise d'adolescence. La philosophie de vie
de ses parents l'a sûrement aidé. Ce qu'il retient d'ailleurs d'eux,
c'est le rêve: "Mes parents sont des personnes qui ont toujours
cru en leurs rêves et qui ne se sont jamais laissés barrer le chemin.
J'ai donc appris que quand tu crois à quelque chose, il ne faut
pas laisser les gens te décourager".
Un métier improvisé
Plus jeune, il voulait être pilote d'avion ou archéologue. Jusqu'au
jour où, pour suivre une copine, il s'inscrit dans une équipe d'improvisation.
Bang! C'est la révélation. Le choc. Instantanément, une passion
naît: "ça me fascinait de pouvoir toucher les gens".
Il n'en faut pas plus pour que Serge s'inscrive au cégep de Saint-Hyacinthe,
mais il y reste à peine un an et demi. L'école, dit-il, ne lui convenait
pas tellement. Durant cette même année, Serge vit une grande première:
il décide d'aller voir une pièce de théâtre dans un vrai théâtre.
C'est cette seconde révélation qui le pousse cette fois, à 19 ans,
à s'inscrire à l'École nationale de théâtre où il étudie pendant
4 ans. Depuis, sa carrière est un vrai feu roulant.
Lorsque l'homme s'entiche pour quelque chose, il faut que ça se
règle rapidement. Le hic, c'est qu'il se passionne rapidement pour
plusieurs projets. Les choix ne sont-il pas parfois plus difficiles
? "Je dois avouer que oui! Mais j'apprends beaucoup entre ce que
je veux vraiment et ce que je fais finalement. Voilà ce qui m'aide
à cheminer ".
Selon lui, tous les jeunes devraient suivre la passion qui les habite.
Le monde n'en serait que meilleur, croit-il. Sa chance réside dans
le choix d'un métier qui a bien voulu de lui. Mais que ferait-il
s'il le perdait du jour au lendemain? Rien de plus simple! Serge
songerait sérieusement à retourner aux études pour devenir ambulancier
afin de se sentir utile à la société. Mais sa carrière se portant
assez bien, nos chances de finir sur sa civière sont plutôt minces.
En fait, son carnet d'acteur est tellement lourd qu'il arrive, de
peine et de misère, à conserver les liens avec ses amis et sa famille.
Vous étonnez-vous maintenant que Serge Postigo aime vivre à 200
kilomètres à l'heure? "Si tu n'as pas de but dans la vie, tu vas
tourner en rond! Pour moi, que l'échelle soit solide ou pas, je
grimpe le plus haut possible!".
Auteur: Julie Vézina.
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