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Dix ans de carrière pour Serge
Postigo
Le chercheur de trésor
Le 5 mai, Serge Postigo célébrera son dixième anniversaire de pratique
du métier de comédien.
Mais, pour celui qui, trois semaines seulement après avoir gradué,
se trouvait emporté dans un rythme d'enfer qui n'a pas cessé de
l'accaparer depuis une décennie, l'heure n'est en aucune façon aux
récriminations mais tout à la satisfaction de pratiquer un métier
qui n'a pas cessé de le choyer jusqu'à maintenant.
Ce traitement royal qui lui est ménagé et qui lui permet ces temps-ci
d'assumer de manière consécutive le rôle de Michel Simard dans Music
Hall 2, la série de Fabienne Larouche, celui de Sylvain dans Ladie's
Night qui s'est promenée en tournée et de Nestor-le-Fripé dans la
comédie musicale Irma la douce qui prendra elle aussi la route en
mai, lui donne en fait bien des occasions de satisfaction.
L'art de fouiller
Parce qu'il lui permet d'exploiter les multiples facettes de son
talent comme chanter ou danser—et même la mise en scène commence
à l'appeler—, tout en lui donnant l'opportunité de revenir au métier
de base qui est le théâtre.
«La télé nous étiquette très rapidement car, si on entre par la
porte A, on nous dit qu'on fait juste du À lance-t-il à l'occasion
d'une tournée de promotion pour Music Hall. Mais, que je le veuille
ou non, le théâtre c'est ma base, mon port d'attache. Alors que
la télé ne nous donne pas le temps de décortiquer et se fait surtout
dans la spontanéité, le théâtre vient nous rappeler tout le travail
qui peut être fait sur un personnage. C'est l'art de fouiller. Tu
es comme un chercheur de trésor: plus tu creuses et plus tu trouves.»
S'il est conscient de se voir offrir de multiples surprises par
un métier prodigue pour lui, Serge Postigo se dit plus que jamais
préoccupé par le fait de garder le contrôle.
«Quand on mène de front le théâtre, la télé et la famille, on constate
qu'il y a une chose de trop. J'ai toujours beaucoup travaillé et,
à un moment, j'ai décidé que ce n'était pas le métier qui allait
guider ma vie mais que c'était moi qui allait diriger mon métier.
Quand on vieillit, on ne change pas nécessairement ses priorités
mais on change leur ordre d'importance.»
La famille surtout
Or, dans l'ordre des priorités, l'arrivée d'un bébé dans une vie
ne vient pas nécessairement la métamorphoser puisque le fiston de
7 mois s'intègre parfaitement dans la vie du couple, mais vient
assurément replacer certaines choses.
Ainsi, explique-t-il, lorsqu'il a décidé avec sa compagne Marina
Orsini de s'installer dans la campagne de Ayer's Cliff, il a fait
le constat qu'un bon 50 pour cent de son investissement professionnel
n'était pas consacré à son métier mais à toutes sortes d'activités
de promotion gravitant autour.
«C'est alors que je me suis posé la question pour savoir si j'étais
un acteur ou un vendeur. Or, le fait de m'installer à la campagne
a fait en sorte que je me suis mis à analyser les demandes qui me
parvenaient et à faire du screening. Cela m'a permis de me recentrer
sur ma carrière.»
Aujourd'hui, Serge Postigo s'applique à profiter au maximum de sa
campagne et de sa famille, disposé à se taper un kilométrage pouvant
atteindre annuellement les 60 ou 70 000 km mais admettant du même
souffle que deux ou trois heures supplémentaires de sommeil par
nuit seraient les bienvenues.
Meilleur qu'avant
Après dix années de pratique, Serge Postigo est conscient d'être
meilleur qu'à ses débuts, indiquant que son vécu et ses références
plus grandes contribuent à le servir et à faire de lui à la fois
un meilleur être humain et un meilleur comédien.
«Le plus difficile, ce n'est pas d'entrer dans ce métier mais d'y
rester. Je regarde le phénomène de Star Académie qui fait des vedettes
en 24 h et je constate comment on en arrive à galvauder ce métier
que n'importe qui, sous n'importe quel prétexte, peut pratiquer.
C'est complètement illusoire. Pour moi, c'est comme de dire à n'importe
qui qu'il peut sortir avec ma blonde...! »
Auteur: Presse Canadienne.
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