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Aurore: Une tragédie
encore très contemporaine
C’est vendredi prochain que sort en salle le film très
attendu, relatant l’histoire d’Aurore Gagnon, une fillette
de 10 ans morte dans des circonstances dramatiques après
avoir été battue à maintes reprises par sa
belle-mère. Les comédiens principaux du film, Hélène
Bourgeois Leclerc, Stéphanie Lapointe, Serge Postigo et Marianne
Fortier, en compagnie du réalisateur Luc Dionne, se sont
arrêtés à Victoriaville en début de semaine
pour faire de la promotion.
Il s’agit d’un film qui ne laissera personne indifférent
et qui démontre que le silence autour de la petite Aurore
aura grandement contribué à sa mort. Un film qui fait
prendre conscience qu’il y a encore aujourd’hui, des
enfants battus et abandonnés de tous comme l’a été
la petite Aurore.
Le réalisateur du film, Luc Dionne, qui est également
scénarisateur, a expliqué que Denise Robert l’avait
approchée pour faire ce film. «J’avais fait des
choses plus contemporaines et voulais dire non. Mais, par respect
pour Denise Robert, j’y ai réfléchi et j’ai
finalement accepté», a-t-il expliqué lors de
son passage au cinéma Galaxy.
En fait, tout ce que Luc Dionne connaissait d’Aurore, avant
de s’embarquer dans ce film, c’était un grenier
et une musique d’orgue. En fouillant un peu, il a découvert
qu’il y avait plein de personnages autour de l’enfant
martyre et que l’histoire dépassait le grenier.
Il a voulu relater l’histoire de cette fillette avec tout
ce qui l’entourait. Luc Dionne aurait pu tomber dans la facilité
et mettre des scènes de violence, comme dans le film de 1952
mais pour lui, c’était sans intérêt. «Il
y a très peu de violence dans le film mais elle touche beaucoup.
Aujourd’hui, la violence est tellement banalisée...»,
déplore-t-il.
Il en ressort un film avec de magnifiques images, un texte soigné
et intelligent et un jeu d’acteur impeccable. Si bien qu’à
la fin du film, lorsqu’arrive le générique après
la dernière lettre de Télesphore à Marie-Anne
Houde, les spectateurs demeurent sur leur siège, silencieux,
pantois. «C’est exactement ça que je veux que
les gens fassent. Qu’ils ne soient pas capables de débarquer
du film, même à la fin. Qu’ils soient ébranlés
et bouleversés. Qu’il ne reste que le message sur les
enfants maltraités. Si le film peut sensibiliser à
cette problématique, alors mon but est atteint», ajoute-t-il.
Quant à la petite Aurore elle-même, jouée par
Marianne Fortier, elle a vécu toute cette expérience
cinématographique, sa première, de très belle
façon, malgré le fait qu’elle raconte une histoire
dramatique. «En fait, je ne réalise pas encore que
c’est arrivé pour vrai l’histoire d’Aurore.
Je ne veux pas y croire», a-t-elle indiqué d’entrée
de jeu.
La jeune fille de 11 ans, de Québec, a conservé les
deux pieds sur terre, malgré ce premier rôle important
joué au cinéma. «Pour apprendre les textes,
ça été facile puisque je fais du théâtre
depuis trois ans. Pour le reste, la technique, je jouais mon rôle
et c’est tout», ajoute celle qui a incarné Aurore.
Elle a adoré son expérience au cinéma et n’a
pas été intimidée par les comédiens
qu’elle devait côtoyer. «Quand j’ai rencontré
Hélène Bourgeois Leclerc, je me suis dit que ça
allait cliquer», se souvient-elle.
La première fois qu’elle a vu le film, tout comme
ses autres collègues comédiens, elle a eu un regard
critique sur l’aspect technique. «Après la 2
ou 3e fois, j’ai aimé ça. Ça explique
vraiment ce qui est arrivé et ça fait réfléchir
au fait que la violence envers les enfants, ça existe encore
aujourd’hui», a-t-elle insisté.
Du côté de la marâtre, Hélène
Bourgeois Leclerc, elle souhaite que ce film choc puisse faire réagir
les gens et responsabiliser face à ce genre de situation.
«Il nous est arrivé, à tous, d’être
témoin de ce même genre de scène et de ne rien
faire. Je souhaite que ça fasse réfléchir les
gens et que ça suscite des discussions», dit-elle.
Celle qu’on peut voir dans les téléséries
«Les Bougons» et «Annie et ses hommes»,
a de plus indiqué qu’elle ne craignait pas, comme sa
prédécesseure, la marâtre du film de 1952, d’être
stigmatisée à cause de ce rôle. «Nous
sommes en 2005 et les gens sont capables de faire la part des choses.
Pour ce qui est du Télesphore du film, Serge Postigo, il
avoue très humblement s’être laissé prendre
au jeu et avoir pleuré lorsqu’il a visionné
le film. «Télésphore était un homme énigmatique.
On ne sait pas trop ce qui s’est passé dans sa tête.
Pour moi, ce n’était pas un mou», a-t-il expliqué.
M. Postigo, qui est dans la vraie vie, père d’un petit
garçon, a indiqué que le film était difficile
à regarder. Et ce qu’il a appris dans tout ce processus
c’est qu’un père a abandonné son enfant.
«Il faut faire très attention parce que nous sommes
tous susceptibles à l’abandon», a-t-il indiqué
en prenant pour exemple un père de famille d’aujourd’hui
qui part travailler le matin avant que les enfants ne soient debout
et qui revient le soir, prend ses e-mails et n’arrive à
trouver du temps pour ses enfants qu’à 15 minutes de
l’heure du coucher...
Finalement, le rôle de la mère naturelle d’Aurore,
a été fort bien campé par Stéphanie
Lapointe. Cette dernière a souligné, d’entrée
de jeu, qu’elle avait eu le beau rôle dans cette distribution.
«J’avais à jouer un personnage très coloré
et encore aujourd’hui, je reste empreinte de ce personnage»,
a-t-elle mentionné.
Si bien que la Marie-Anne Caron qu’elle a incarnée
représente la femme qu’elle voudrait devenir.
Somme toute, le film Aurore est touchant, réaliste et porte
à réfléchir. Plusieurs spectateurs, au sortir
de la projection, auront sans doute une seule envie: prendre leurs
enfants dans leurs bras.
Source: Le journal
La nouvelle
Auteur: Manon Toupin
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